La Déesse se laisse glisser sur les ondes sous la forme d'un grand cygne noir, sa silhouette ponctuée par le blanc plumage des congénères de sa cour. Elle va au nord.
La rivière, avec qui elle partage sa nature, n'a qu'un seul sens, de l'amont vers l'aval, tout comme la vie coule à coup sûr vers la mort.
Par là même elle règne sur le vivant, l'inerte et l'entre deux.
Le Grand Large, dieu du temps, descend dans les terres en une marée salée, noyant les ruines de bourgs oubliés. Il y rejoint sa déesse et amante, au bout de la rivière.
Les Grands Marais sont leur lieu de rendez-vous, secret, doux, rien qu'à eux.
De leurs amours naît la brume, porteuse de mémoire, qui dans sa route vers le sud irriguera de nouveau sa déesse mère, perpétrant ainsi le Cycle divin.