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The Sheets

J'ai l'impression que ça fait des mois que je parcours ces couloirs. La notion du temps a disparu, mais tant pis. Je survis.
Je trouve à manger de temps en temps, lorsque la maison daigne générer une pièce avec de la nourriture pas trop déformée. Quand je me sens épuisé, je m'imagine que c'est le soir et je fais un feu avec des bouts de meubles.

Etonnamment je reconnais régulièrement des détails. Une porte que j'avais repeinte, un parquet que je n'ai pas fini, un tableau électrique sans fils, le tout mélangé à autre chose.
Tant de choses inachevées, laissées en plan... Si tu me voyais tu te moquerais de moi, c'est certain. Et maintenant c'est la maison qui le fait, à sa manière. Ironique hein ?

Enfin... J'ai trouvé comment régler le problème des pièces qui changent sans cesse. Les épeires serrures déterminent vers quel endroit un porte va s'ouvrir, mais si on les maintiens ouvertes, les araignées ne peuvent plus agir, et la pièce demeure fixe. Mais ça les rend nerveuses.
Je marque mon chemin à l'aide de draps, ça bloque les portes et indique d'où je viens par la même occasion. De l'ordre dans le chaos.

Je ne sais plus si j'espère encore trouver mon chat vivant. Je vois si peu de traces que j'ai maintenant l'impression que c'est lui qui me suit.